“Si échec il y a, on pardonnera aux joueurs plus facilement qu’à Blanc”

Timothe 29/03/2014 2
“Si échec il y a, on pardonnera aux joueurs plus facilement qu’à Blanc”

Au lendemain de la victoire laborieuse du PSG face à Nice, Bruno Roger-Petit, à l’instar de tous les observateurs, se tourne vers PSG-Chelsea. 

Et le journaliste tente d’en cerner l’enjeu principal : selon lui, la carrière de Laurent Blanc se jouera sur cette double-confrontation. À l’entraîneur parisien de prouver qu’il est capable d’emmener le PSG là où les supporters et les propriétaires qataris veulent le voir aller.

“Sans forcer, le PSG a gagné à Nice. 1-0, grâce à un but de Cavani pour lequel ce dernier ne sera pas gratifié, puisque la jambe d’un niçois s’est interposé entre lui et le ballon. N’empêche, c’est bien le numéro 9 parisien qui, dans un geste à la Gerd Müller, digne de ses grandes années au Bayern, a mis le PSG à l’abri. Et trois points de plus. Et le titre qui n’est plus loin. Et Chelsea en approche.

Avec ce résultat acquis en douceur, sans avoir jamais été mis en danger, en mode force tranquille, le PSG va aborder son plus important match de la saison en toute sérénité.

Du coup, de manière paradoxale, la pression qui s’exerce sur Laurent Blanc est maximale. Jamais depuis l’épopée victorieuse de 1996, en Coupe des Coupes, le PSG n’a abordé un rendez-vous européen de haute volée dans des conditions aussi idéales. Physiquement, tactiquement, techniquement, psychologiquement, le PSG est au sommet de son art.

Pour tout dire, Mourinho, l’entraineur de Chelsea, n’a pas tort quand il avance l’idée que le club parisien est le favori. Compte tenu du contexte, c’est une réalité. D’autant, par exemple, que les Blues, qui jouent ce samedi à Crystal Palace et ne jouissant de pas la même avance confortable que Paris au classement de Premier League, auront un jour de récupération en moins quand viendra l’heure du grand rendez-vous, mercredi prochain.

Voilà pourquoi, en dépit des apparences et des assurances, Laurent Blanc joue très gros. Si, par malheur, le PSG était éliminé face à Chelsea, Mourinho, Eto’o, Terry, Lampard, Cech, Oscar et Hazard, l’entraineur parisien ne pourrait pas plaider le petit contre le gros. Parce que Ibrahimovic, Cavani, Thiago Silva, Thiago Motta, Sirigu, Verratti, Matuidi… En vérité, du point de vue des actionnaires du PSG, compte tenu de leurs ambitions et de leur plan de marche vers un triomphe européen, la victoire contre Chelsea est un impératif.

De la constatation qui précède, on peut déduire que d’une certaine façon, Laurent Blanc n’a pas droit à l’erreur. Une élimination ? Et Blanc passera aussitôt pour celui qui n’a pas fait gravir au PSG la marche supplémentaire qu’il devait gravir cette saison. Une qualification ? Et Blanc aura hissé le PSG à son rang, s’élevant lui-même au degré supérieur, conquérant enfin ses galons de maitre stratège européen. Car si échec il y a, on pardonnera aux joueurs plus facilement qu’à l’entraineur.

Pour Laurent Blanc, ce PSG-Chelsea, c’est plus qu’un match. Bien plus. C’est le destin d’une vie d’entraineur qui se joue. Et celui du PSG avec.”

Photo : CG/PSG