Dossier : Le PSG et le fair-play financier - PSG - Pariskop

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Ces derniers mois, on entend beaucoup parler du fair-play financier. On entend que le Paris Saint-Germain ne le respecte pas, qu’il s’agit de concurrence déloyale, ou même que ce que fait le PSG est interdit. Nous tentons aujourd’hui de clarifier les choses, et de faire le point sur cette notion de fair-play financier, en profitant du lancement de la nouvelle édition de la Ligue des Champions, mardi.

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Qui ?

Le Paris Saint-Germain

Le Paris Saint-Germain appartient à 100% au Qatar Sports Investments depuis le 6 mars 2012. Le fonds d’investissement qatari était jusqu’alors présent au capital du PSG à hauteur de 70% depuis 2011, et avait déjà injecté 100 millions d’euros à l’été 2011 pour recruter, notamment Javier Pastore, Salvatore Sirigu, Blaise Matuidi et Jérémy Ménez.

Lors du mercato estival 2012-2013, QSI investit de nouveau près de 150 millions d’euros pour les recrutements de Zlatan Ibrahimovic, Thiago Silva, Ezequiel Lavezzi et Lucas Moura notamment.

Enfin, dernièrement, la fenêtre de transferts estivale a vu les actionnaires du PSG investir environ 110 millions d’euros pour les signatures d’Edinson Cavani, Lucas Digne et Marquinhos.

Ces joueurs ont évidemment un salaire conséquent (Thiago Silva est le défenseur central le mieux payé au monde, Zlatan Ibrahimovic fait partie des cinq footballeurs les mieux rémunérés, et tout ceci avec une fiscalité française particulièrement intransigeante avec les gros salaires), et les investisseurs se préoccupent également des infrastructures du club : centre d’entraînement et stade ont récemment subi des travaux d’aménagement afin d’adapter les structures aux ambitions des dirigeants pour le PSG.

Ces investissements (recrutements, salaires et infrastructures) sont à additionner aux dépenses quotidiennes d’un club, qui sont désormais aux dimensions de ce que souhaitent les actionnaires qataris. Au total, le PSG a annoncé un budget de 400 millions d’euros pour cette saison, financé quasiment exclusivement par des fonds qataris.

Les investisseurs du PSG

Qatar Sports Investments (QSI), Qatar Tourism Authority (QTA), ou plus récemment Ooredoo, le PSG est financé par différents organismes qui sont tous liés entre eux par l’état du Qatar. Le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani est propriétaire du PSG, de Ooredoo, de la chaîne Al Jazeera (que son père a créé), et donc de beIN Sport filiale d’Al Jazeera Sports. Les investisseurs « historiques » doivent également s’adapter à la nouvelle ère et à la nouvelle dimension du club.

Fly Emirates a renégocié un contrat pour le sponsoring (maillot notamment), prolongeant ainsi son partenariat avec le seul club champion de sa ligue en 2012/2013 et sponsorisé par la compagnie aérienne. Quant à Nike, l’équipementier devrait également prolonger son aventure parisienne, bien que la direction du PSG demanderait une énorme revalorisation du contrat, afin de s’aligner sur les autres clubs européens majeurs, et suite aux excellents résultats du club l’an passé.

Le panel financier

Un panel d’experts a été formé par l’UEFA pour juger des performances financières des clubs. À sa tête, on trouve l’ancien premier ministre belge Jean-Luc Dehaene.

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Quoi ?

La notion de fair-play financier

Le terme de « fair-play » symbolise le respect mutuel que doivent se porter les clubs européens entre eux. L’UEFA souhaite stopper un cercle vicieux qui fait monter les prix des joueurs sur le marché, et qui augmente donc les déficits des grands clubs.

cercle vicieux fpf

C’est dans ce but que le projet de fair-play financier s’inscrit. Tous les clubs devront équilibrer leurs comptes, qui seront sous contrôle de l’UEFA. Ainsi, les clubs n’auront plus le droit d’avoir plus de dépenses que de recettes.

L’analyse des experts

Le panel analysera les comptes des clubs sur un cycle de trois ans. C’est un point important, puisqu’il autorise les clubs à être déficitaire une année (voire deux, si le déficit est léger) : l’essentiel sera d’avoir une balance équilibrée sur l’ensemble de l’étude.

Les clubs auront quatre critères à respecter : la possibilité financière pour le club de poursuivre son activité, l’absence de fonds propres négatifs, l’équilibre financier et l’absence de dettes. Si l’un de ces critères n’est pas respecté, le club devra alors présenter un rapport au panel, afin de détailler les mesures prévues pour y remédier.

En plus de ces critères, l’UEFA demandera également des explications si la masse salariale du club dépasse 70% du budget, ou si le montant de la dette dépasse le chiffre d’affaires.

Les sanctions encourues

Les sanctions éventuelles n’ont pas encore été définies par l’UEFA. D’après les dernières rumeurs, l’instance prévoirait d’abord de simples amendes, mais les punitions iraient jusqu’à l’exclusion des compétitions européennes (Ligue des Champions et Ligue Europa). Philippe Diallo, dont nous vous avions déjà parlé, estime que la répression ne sera utilisée qu’en tout dernier recours : « L’exclusion, c’est un peu comme l’arme nucléaire, cela sert surtout à dissuader. L’Uefa a fait comprendre aux clubs qu’il existait de nouvelles règles, et espère qu’elles en tiendront compte« .

La position du Paris Saint-Germain

C’est Jean-Claude Blanc, en tant que directeur général, qui gère le dossier. Pour lui, les choses sont claires : le PSG est en parfaite adéquation avec le fair-play financier. Les revenus du PSG ont largement augmenté depuis les premiers investissements qataris. Il expliquait comment les revenus du PSG étaient optimisés en février 2013 dans Le Parisien : « on a considérablement réduit le nombre d’annonceurs qui apparaissent sur les panneaux au bord du terrain. On a augmenté leur visibilité et les prix. Cette rareté et la valorisation des marques n’ont pas d’égal en Ligue 1, ni même en Espagne ou en Italie. Une marque qui payait hier 300 000 € pour avoir une présence significative au bord du terrain et la possibilité d’utiliser l’image collective des joueurs paie aujourd’hui entre 1,2 M€ et 1,5 M€« .

Pour Jean-Claude Blanc, le contrat avec la Qatar Tourism Authority (de quatre ans, estimé entre 150 millions d’euros et plus de 200 millions d’euros) entre dans ce cadre de partenariat : « ce qui est vrai pour une marque l’est aussi pour un pays« .

Certaines personnes mettent en cause ce partenariat, arguant que c’est une manière de détourner le fair-play financier et que le contrat d’image Qatar-PSG ne profite qu’au PSG. Jean-Claude Blanc répond alors simplement « Regardez combien de fois le mot Paris Saint-Germain a été associé au mot Qatar« .

Enfin, le directeur général du Paris Saint-Germain évoque la primeur de ce type de contrat. En effet, c’est la première fois qu’un club et un pays sont liés par un contrat d’image. Pour Blanc, c’est un modèle économique sain et novateur, qui pourrait très bien être reproduit à l’avenir par d’autres clubs et pays. « Je pense que, demain, certains clubs majeurs seront intimement liés à des grands groupes de communication ou des pays. Les grands clubs sont devenus des médias permanents extrêmement puissants« .

Ce qu’il faut retenir de la position parisienne sur le fair-play financier, c’est la sérénité et la confiance de Jean-Claude Blanc, basées surtout sur la nouveauté que représente le type de contrat qui finance le PSG. Le panel sera amené à se prononcer à ce sujet en mai 2014, la DNCG a déjà validé le contrat d’image liant le Qatar au PSG.


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