Mercato : Voilà... C'est fini. - PSG - Pariskop

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« Si on ne peut avoir la réalité, un rêve vaut tout autant ». Ray Bradbury, dans ses Chroniques Martiennes, aurait pu évoquer à merveille les joies, les frustrations, les surprises, heureuses ou destructrices du mercato. Ces myriades d’états d’âmes cristallisent le supporteur et le frustrent, jusqu’à le laisser hébété quand sonne la fin de la récréation. Voilà… C’est fini. Il est temps de tirer un premier bilan.

Lequel, sans être des plus glorieux, aligne certains éléments de satisfaction. La ligne conductrice de ce mercato était, ou aurait dû être, de dégraisser un effectif trop riche, difficilement gérable, tout en doublant les postes qui le nécessitaient. Fatalement, nombreux furent les départs.

 

Les départs

 

Carlo Ancelotti

Une mauvaise surprise. Les supporteurs parisiens se remettaient tout juste des festivités suivant le titre, quand le tacticien transalpin annonçait son départ du club de la capitale. Cueillis à froid, les supporteurs parisiens se doutent déjà de la future destination de Carletto : le Real Madrid. Bilan de son passage francilien : un titre de champion de France, une fantastique chevauchée européenne, et un écueil perpétuel : l’incapacité à motiver ses troupes contre les plus faibles équipes de Ligue 1. Mais il n’est pas le seul. Carlo était venu pour attirer les grands joueurs et gagner quelque titre : contrat rempli. Il ne lui restait qu’une seule année de contrat, et une partie des suiveurs ont ressenti une grande déception, eux qui auraient souhaité voir l’Italien porter le « projet » Rouge et Bleu.

 

Leonardo

Un coup de coude, et puis s’en va. Qu’il serait lâche de rabaisser le passage de Leonardo Nascimiento de Araújo à cette traînée lapidaire. Avec  lui, le PSG avait un dirigeant à la hauteur des ambitions du club, dans une L1 à retardement, trop lente pour lui. Grand communicant, sourire espiègle, et formidable charisme. Leonardo avait le don pour mettre à profit ses contacts italiens. Sa vista aussi, quand Maxwell, Sirigu ou encore Verratti furent venus. Mais une fougue en trop, un sens de la provocation trop exacerbé pour la FFF et la LFP. Suspendu un an. Ou peut-être pas. Toujours est-il qu’avec la venue de Thiago Silva, Ibrahimović, Cavani, il n’a pas fait les choses à moitié. Il est comme ça, Leo. Un passage éclair, laisse une grande cicatrice.

 

Kévin Gameiro

Quelle déception. Seul véritable attaquant de pointe, Gameiro n’aura jamais sa chance une fois le PSG qatari lancé. Et pourtant, malgré un temps de jeu réduit au minimum, Kevin Gameiro a trouvé le chemin des filets à huit reprises lors de sa dernière saison. Sa mission parisienne compliquée, il décide le 25 juillet dernier de rejoindre les rangs du FC Séville. Départ précipité par l’arrivée de Cavani, inaccessible pour l’ex-Lorientais. Un mal pour un bien : Kevin semble s’éclater en terre andalouse. Mérité.

 

Mamadou Sakho

Que ce départ est douloureux. Lui Kirikou. L’enfant de Paris, né dans le 14ème arrondissement. Lui formé au club. Lui propulsé capitaine à 17 ans. Une titularisation pour le jour de ses 17 ans. Des premiers matches fougueux en Coupe de l’UEFA. Plein de culot. Un statut fort, un chouchou qui ne s’est jamais remis en question pendant sa progression. Envolé, le titre de meilleur espoir de Ligue 1, quand viennent Alex et Thiago Silva, et les maladresses de Sakho. Une envolée lyrique contre l’OM, une joie folle, engagée pendant le titre. Mamadou Sakho avec le potentiel pour s’imposer aux côtés de l’immense Thiago Silva. Mais plus la tête. Adoré des puristes, protégé, seul Mamadou Sakho peut désormais redevenir Mamadou Sakho. À Anfield, le vaisseau amiral de Liverpool.

 

Sylvain Armand

Presque dix ans au club. Deuxième joueur le plus capé de l’histoire du PSG, avec 380 matches. Sylvain Armand est parti dans un silence de cathédrale. Quelques-uns, peu nombreux, ont soulevé une revalorisation de son contrat en cas de maintien, dans les années sombres. D’autres préfèreront apprécier à sa juste valeur les performances régulières de Couscous, cette photo ou encore son calme et sa disponibilité. Un homme sans vagues. Un homme parti pour le Stade Rennais de Philippe Montanier, pour une dernière aventure. À 33 ans, « le doyen » a rendu de fiers services. On aurait voulu un retour à Nantes, où il s’était révélé.

 

Diego Lugano

Il est arrivé en capitaine de la troisième puissance footballistique mondiale. En idole de Fenerbahçe. Il repartira dans l’anonymat, à West Brom. Pas glorieux. L’idée de son transfert avait tout pour séduire, la réalité le rattrape cruellement : jouant à un poste, libéro, qui n’existe plus en France et encore moins au PSG, Diego Lugano sera moqué. Pour sa lenteur, ses gestes gauches. Une adaptation inexistante au système de jeu parisien. Mais le capitaine de l’Uruguay ne peut terminer 5ème défenseur central du PSG. Il quitte donc la capitale pour l’Angleterre. Un football comme lui, où les contacts seront moins sévèrement sanctionnés.

 

Neeskens Kebano

Ah ! Neeskens, appelé ainsi par son père, en hommage au grand Johan Neeskens, international Hollandais d’une autre époque. Une grande promesse, agile à souhait, un talent dans un format de poche. Mas peu de temps de jeu, quand l’effectif pléthorique du PSG ne lui laisse pas la place. Les dirigeants le prêtent alors au SM Caen. Mais blessé, il ne jouera pas énormément. Toujours plus qu’à Paris où les recrues offensives s’empilent, et non des moindres. Comme de nombreux jeunes l’ont fait avant lui, il part. Pour Charleroi… Deux ans de contrats, qui reflètent l’état d’esprit des Belges et du joueur, qui ne s’attarderont pas ensemble. Étonnant, aucun club français ne s’est positionné pour lui. Un Titi met les voiles, une fois de plus.

 

Siaka Tiéné

La tour ivoirienne ! La terreur des pelouses ! Le monstre de Valenciennes ! Le souffre-douleur collection été 2010-2013, remplaçant au pied levé un certain Everton Santos dans ce rôle. Siaka, venu de Valenciennes et voulu par Antoine Casque d’Or Kombouaré, n’était pas spécialement mauvais. Une qualité de centre qu’on ne saurait lui enlever. Mais une maladresse impensable et une passivité maladives couteront cher au PSG sur de nombreux matches. Suffisant pour attirer la sympathie et les gentilles moqueries des supporteurs. Une sorte de Sammy Traoré-bis. Mais pourtant, une fois le latéral parti à Montpellier, on réalise : on l’aimait bien , Chico. Puisse Jean Fernandez être à ta hauteur.

 

Momo Sissoko

Valence, Liverpool, Turin, Paris. On peut dire que le parcours de Mohamed Lamine Sissoko mérite quelques éloges. En regardant de plus près, on découvre des blessures, terribles, qui ont tenu ce très bon joueur éloigné des lumières de la gloire. À Paris, la règle ne déroge. Et très vite, les supporteurs montrent leur mécontentement sur sa venue. Mais pourquoi ? Très professionnel, Sissoko n’a pas bénéficié de leur patience. La concurrence est rude, très rude. Comme partout. Comme toujours. Prêté les si derniers mois à la Fiorentina, où il retrouve du temps de jeu, Momo rompt son contrat avec le PSG dans les dernières heures du mercato estival. Sans doute, pour rejoindre vraisemblablement Reading, ou QPR.

 

Loïc Landre

Mais oui, vous l’avez déjà aperçu. Sur les photos officielles du Paris-Saint-Germain, ou sur le banc de touche. Quand il n’était pas prêté à Clermont ou Ajaccio. En tout et pour tout, Loïc n’a pas joué 90 minutes avec les pros. Cet été, il nous quitte définitivement pour le RC Lens, en compagnie de quelques autres Parisiens. Mais personne n’a jamais eu à se plaindre du défenseur. Croyons en sa réussite sous d’autres cieux.

 

Abdallah Yaisien

À peine le temps de s’accoutumer à sa bouille, que voilà Yaisien parti à Bologne, pour quatre ans. Une tristesse. Si vous ne suivez pas la formation parisienne de près, vous aurez remarqué son entrée explosive face au modeste Stegersbach. Score final, 9-0. Milieu plaisant, Abdallah est la bonne pioche de l’équipe italienne. Un jour, les clubs français s’intéresseront aux Titis parisiens. Mais pas demain. Demain, ils prêteront attention aux meilleurs jeunes sur la liste de Frédéric de Saint-Sernin.

 

Ronan le Crom

Le rêve brisé. Il avait 40 ans et n’espérait absolument rien. Un homme de vestiaire, le sourire collé aux lèvres, politesse, gentillesse incarnées. Pour le 38ème et dernier match de la saison, contre Lorient, Ronan le Crom remplace Aréola. Un cadeau avant sa retraite, de la part d’Ancelotti. 20 minutes plus tard, le gardien commet une faute aussi grossière qu’involontaire. Les tentatives des parisiens n’y feront rien. Carton rouge. Les onze joueurs, le staff, le banc entier viennent soutenir Ronan. Le public est debout. C’est ainsi qu’il quitte la scène. Côté lorientais, un ancien du Paris-SG sort également pour sa der des der. Au revoir, Messieurs.

 

David Beckham

Terminons le chapitre des départs en beauté. Le 18 mai 2013, nous étions des millions à admirer les dernières foulées de David Beckham, pour le match ultime de sa carrière. Les pleurs du Mancunien. L’émotion de Nasser, du public, du téléspectateur. Le Space Boy n’était pas qu’une icône, mais bel et bien l’un des plus grands sportifs professionnels de notre ère. Une attitude exemplaire, un pied droit magnifique. Encore à 37 ans, le roi David distillait des ballons de 70 mètres dans les pieds du joueur cherché. Six mois. David Beckham est resté six mois au PSG. Pas de buts, mais du rêve. C’est pour cette raison que les dirigeants l’ont fait venir. Avec un salaire entièrement reversé aux associations, Mr Posh a répondu de la plus belle des manières. Et le peuple parisien, la Ligue 1, le remercient.

 

 

Les arrivées

 

Laurent Blanc

Si Laurent est au PSG ce que Ancelotti, peut-on y arriver ? Oui, non, zbradaraldjan ? L’homme à ses protecteurs, et ses détracteurs. La deuxième catégorie est bien mieux fournie, surtout à Paris. Mais cela ne changera pas grand chose. Les onze de départ de Carletto étaient critiqués, ceux de Blanc le seront aussi. On perd juste un peu d’humour en conférence de presse, exercice dans lequel Blanc s’est largement amélioré. Mais le jeu ? Le 4-4-2 oui, mais tous les entraîneurs verrouillent leurs défenses. Le 4-3-3 ? Schéma complexe à mettre en place, surtout pour équipe qui ne se comporte pas en tant que telle. Et si on lui faisait tout simplement confiance ?

 

Edison Cavani

El Matador. L’arrivée la plus attendue dans les travées du Parc des Princes, et un duo de feu à prévoir avec Ibra. Mais aussi avec Pastore et Lavezzi, ses anciens partenaires à Palerme puis Naples. Cavani est l’attaquant pur de classe mondiale, celui que le PSG attendait, à défaut de Gameiro. Deux buts à son compteur, et c’est loin, si loin d’être terminé. Le sud-américain écarte déjà les théories d’une mauvaise entente avec le Suédois ; le PSG a l’un des plus beaux arguments offensifs d’Europe et du monde. À lui de créer du jeu entre toutes ses stars.

 

Lucas Digne

20 ans, et à deux doigts de récolter le titre de meilleur espoir de Ligue 1 cette saison. Tant pis, il ne sera que Champion du Monde U20 avec l’Équipe de France. Son statut, Lucas le gagnera avec le temps. Car Maxwell. Eh oui, Maxwell neo-Auriverde, Maxwell immense et régulier, mais Maxwell sur sa fin. Digne c’est l’avenir. Le futur Sherrer. Enfin peut-être. À priori. Normalement. On regrette que le côté droit n’ait pas bénéficié d’autant d’attention… Leonardo était peut-être déjà parti. Toujours est-il que ravir le Lillois dans les mains des Monégasques, reste un plaisir simple. Surtout si au Rocher, on joue déjà au football.

 

Marquinhos

On devrait écouter nos mères avec plus de sérieux. « Lave-toi les dents avant de partir ! », un conseil que n’a pas respecté le Brésilien à la Roma. Cette histoire de dents mal entretenues eut le mérite d’en faire sourire plus d’un. Hygiène, on pensait la chose sacrée chez le sportif : coup de tonnerre. La mésaventure passée, le jeune défenseur central peut enfin montre l’étendue de son talent et des attentes placée sur lui, l’un des plus grands espoirs au monde. Un futur Thiago Silva, paraît-il. Au moins, pour y arriver, il est aux premières Loges !

 

Les prêts

Arrivé à 12 ans au PSG, il a vécu les heures sombres, le renouveau et enfin le titre, la Ligue des Champions. 13 ans au club en qualité de joueur, formation comprise. Personne n’a fait mieux. Clément Chantôme, chouchou du Parc, roi de la passe en retrait, s’est engagé sous la forme d’un prêt d’un an avec le Toulouse FC. Reviens vite !

Alphonse Aréola a bien fait de s’éloigner de s’éloigner temporairement. Monstrueux avec les Bleuets, acteur principal du titre mondial des U20, Alphonse Aréola étonne déjà les Lensois, pour leur plus grand plaisir. Déjà de nombreux arrêts de classe à son actif. À son retour, le PSG aura l’un des tous meilleurs packs de gardiens d’Europe.

Jean-Eudes Maurice, lui, effectue le chemin inverse et revient côtoyer Ibrahimović et Cavani. No comment.

Jordan Ikoko, latéral droit sous-estimé de l’équipe réserve, a posé ses valises non loin du Camp des Loges. Créteil et son bon début de championnat en L2 accueillent le jeune natif de Montereau. Et au vu de la défense cristolienne, ça ne peut pas faire de mal. Un moyen idoine pour gagner de l’expérience, qui se paie cher au plus haut niveau.

Un autre latéral droit, Youssouf Sabaly, s’envole. Pour Évian-Thonon-Gaillard cette-fois-ci, après avoir signé son contrat pro en juin dernier. Eh oui, au PSG les latéraux droits ne signent pas. Ils en partent.

Antoine Conte a paraphé son contrat avec le Stade de Reims. Que de défenseurs en prêt ! Avec les Champardennais, Conte n’affrontera pas le Real Madrid, comme en 1954. Mais espérons que son aventure rémoise sera concluante.

Jean-Christophe Bahebeck. En attaque, les prénoms composés formés au club sont loin de faire l’unanimité. Pourtant, Badbeckham, ainsi l’avait surnommé Julien Cazarre, possède un certain potentiel. Au point d’être nommé parmi les prétendants au titre de Golden Boy, le Ballon d’Or des Espoirs. Que remportera Götze. Bonne chance à Valenciennes, Jean-Christophe.

 

 

 

Crédits photos : Ancelotti – Dean Mouhtaropoulos pour Getty Images / Gameiro – Cristina Quicler pour AFP /  Sakho – Liverpool FC /  Tiéné – Sydney Mahlangu pour BackpagePix / Sissoko, Lugano, Kebano, Chantôme, Yaisien, le Crom, Cavani – Christian Gavelle pour le PSG


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